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Agenda Méthis COMORES 2008
Agenda Méthis COMORES 2008

Cet agenda raconte les grandes étapes et les moments importants de l'existence des Comoriens, tels qu'ils se déroulaient traditionnellement. Après sa première édition consacrée aux grandes figures politiques de l'archipel, l'Agenda d'Histoire des Comores poursuit l'aventure avec un thème plus proche du vécu de la population de l'archipel, qui touche à l'intimité même de cette culture originale et métissée. Nous espérons que nos lecteurs se reconnaîtront ou se redécouvriront au fil de ces pages.
Pour commander en ligne :
http://www.livranoo.com/livre-Comores-Komoros-2008-l'agenda-d'histoire-des-C
omores-930.html

Un passage. Pour les Comoriens comme pour tous les musulmans et croyants des religions monothéistes, l'existence terrestre ne représente qu'une étape vers cet absolu que constitue l'au-delà. Il n'en demeure pas moins que ce « simple passage » est, dans la tradition comorienne, vécu dans toute sa plénitude et jalonné de fêtes, de chants et de danses, d'initiations et d'épreuves, de festins et de prières qui entretiennent en permanence le lien entre l'individu et sa communauté. Car un Comorien ne traversait jamais seul son existence ici-bas. Sa famille, son clan, son village étaient là pour donner un sens à chaque moment important de sa vie. Depuis sa naissance jusqu'à son enterrement en passant par la circoncision, le mariage ou l'enfantement, il n'était pas un instant crucial qui ne fut doté de son rituel, de sa musique ou de ses paroles l'aidant à appréhender sa signification profonde. Existant par les siens et pour les siens, il obéissait aux règles immuables qui intégraient sa destinée dans le cycle ininterrompu des générations.
Ainsi arrachés à la solitude, hommes et femmes partageaient d'innombrables moments de labeur, de tristesse et surtout de joyeuses agapes, car si la musique omniprésente favorisait l'expression des sentiments individuels et collectifs, leur solidarité finissait toujours par s'exprimer autour de grands plats d'où débordaient presque le riz, la viande, les sauces ou le lait caillé. La mort elle-même, dans toute sa désolation, son désespoir et sa résignation, avait ses chants et ses repas…
Certes, la force du lien communautaire, les rites de passage et les réjouissances collectives n'appartiennent pas encore au passé. Mais les bouleversements qui ont transformé la société comorienne depuis quelques décennies ont fait oublier la raison d'être de nombreux rites répétés mécaniquement ou défigurés par la course au prestige et à la consommation. Qui se souvient par exemple que la plupart des festins du Grand mariage récompensaient autrefois les laboureurs de la rizière de la fiancée, ou les participants au chantier de la maison nuptiale ?
Moussa Saïd Ahmed,
chargé du Programme de Recherches à l'Université des Comores

Éditeur : Océan éditions - 16 €