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Esclaves(Les) noirs pour une histoire du silence
Esclaves(Les) noirs pour une histoire du silence
Hubert Gerbeau auteur

Un livre sans concessions, écrit dans un style âpre et passionné mais dont la documentation est vérifiable et rigoureuse. Au silence de l’histoire, subi par les esclaves, voulu par les négociants et les maîtres, l'auteur oppose la nécessaire quête de paroles, enfouies plus que perdues.

«… Il leur enfonce dans le vagin des tisons ardents ou de la cire bouillante». Fécondation d’esclaves. La bouche de l’enfer est noire. N’y pénètrent que des sexes de feu. Dieu ne bénira pas l’union.
Le cri éperdu s’est perdu sous les cocotiers. On n’a retrouvé que les papiers du maître. L’écritoire de l’historien pend-elle, inutile, devant un peuple d’orphelins ? L’œil de l’esclave ne devait pas approcher des livres, ses doigts étaient coupés de l’écriture. (…) Le navire a pourri, excès d’eau ou de larmes. «Je reviens vers toi, Mère Afrique, à travers les champs marins de mon souvenir, à travers les terres dévastées de mon attente».
Ainsi débute ce livre sans concessions, écrit dans un style âpre et passionné mais dont la documentation est vérifiable et rigoureuse. L’auteur, affronté à une surabondance d’archives, dans lesquelles les esclaves ne s’exprimaient jamais directement, a tenté de dépasser le vide apparent des sources. Au silence de l’histoire, subi par les esclaves, voulu par les négociants et les maîtres, il oppose la nécessaire quête de paroles, enfouies plus que perdues.
A cette traque de la mémoire, la rébellion de l’esclave sert de guide. Dans le chant, la danse, les proverbes, les contes, pointe la révolte. Elle s’affirme dans le marronnage, la magie, le suicide, le meurtre, le complot. Par eux, l’esclave proclame sa qualité d’être humain, et son refus de devenir l’être mutilé, «bestialisé», dont les documents du «groupe écrivant» se limitent presque toujours à analyser la rentabilité et les écarts, s’attardant sur l’indigence ou l’atrocité d’une sous-humanité tantôt bouffonne, tantôt criminelle.
Les blessures du passé doivent être dites pour que la cicatrisation se fasse. Au temps du long silence a succédé le temps de la parole. Celle-ci peut être le levain d’un avenir métis, avenir de force et de paix.
Mais l’esclavage est-il bien mort ou rôde-t-il, sournois, en nous et autour de nous ?

collection : Histoire
Éditeur : Océan éditions - 196 p. - 11,43 €
isbn : 2-907064-33-9