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Kabar - pour un petit chêne
Koloss Le koyil pandialée de Champ-...
Koylou

Koloss Le koyil pandialée de Champ-Borne
Koloss Le koyil pandialée de Champ-Borne
Christian Barat auteur , Florence Callandre auteur

Les Engagés arrivés de l’Inde à La Réunion par bateau, après 1848, année de l’abolition de l’esclavage, ont, quant au plus grand nombre de ceux qui étaient des croyants hindous, construit pour rendre hommage à leurs divinités, dans leurs « camps » à proximité des champs de canne à sucre et des « établissements » dans lesquels ils devaient travailler, des espaces sacrés nommés « chapelles », kovil ou koylou.
Les fondateurs du Koylou du Colosse de Champ-Borne placé à l’avant de kalbanon dans lesquels étaient logés certains d’entre eux, auraient d’abord mis à l’honneur plusieurs formes de la déesse Kali, comme leurs prédécesseurs au début de l’engagisme.

La tradition orale raconte que lors d’une grave épidémie, les fidèles ont ajouté à l’adoration de cette déesse, celle de Pandialée réputée « végétarienne » pour qui ils ont bien distinctement adossé un nouveau koylou à ce premier « pagotin », sans pour autant renier les sacrifices sanglants de leur culte à Kali et à leurs ancêtres (Goulou). Après plusieurs reconstructions (paille, bois, ciment…), les descendants des fondateurs ont entrepris, dans les années 1980, une rénovation de leur patrimoine architectural aux couleurs et aux normes de l’Inde du Sud. Pendant deux ans et jusqu’en septembre 2009, les peintures fragiles et sophistiquées ont été restaurées par des stapathi/oveyar recrutés en Inde du Sud, en prévision d’une nouvelle consécration (kumbhabishegam) au cours de laquelle les officiants du koylou vont mettre en œuvre les conditions d’une manifestation de l’énergie divine dans l’espace sacré.
Tel que celui des saisons, le cycle des cérémonies dédiées aux déesses, aux dieux, aux divinités, et aux ancêtres du Koylou de Colosse, se renouvelle chaque année, depuis l’époque de sa fondation, dans un ordre quasi-immuable : la Fête de Karli, en juillet ou en août lorsque commence la campagne sucrière ; une cérémonie les premiers vendredis des mois suivants ; le Sanblani pour les Goulou, en novembre ; la Fête de Pandialée marquée par le temps spectaculaire de la Marche sur le Feu après la campagne sucrière, du 12 décembre au 2 janvier ; une cérémonie les premiers vendredis des mois suivants ; la Fête de Marliémin, en mai. Deux nouveaux rituels ont été ajoutés récemment : la « Bénédiction des outils » pendant le Navar¡tr•, la « Fête des neuf jours » dédiée à la ?akti, en octobre (depuis 2007) ; la reprise de la visite des fidèles du Koïl du Petit Bazar, à l’occasion du sixième outchavam du Taï Poussam Kavadi, outchavam organisé traditionnellement par ceux d’entre eux qui habitent le quartier de Champ-Borne, en février (depuis 2008).
Le Koylou du Colosse est un koylou exceptionnel qui offre à voir des marques de la quasi-totalité de son évolution architecturale, lesquelles évoquent le respect de la tradition réunionnaise aussi bien que celles du renouveau tamoul. Aujourd’hui, cohabitent des représentations divines sculptées par des tayer bondie malbar réyoné, sculpteurs locaux, et celles modelées par des silpi et stapathi, sculpteurs et peintres tamouls. Le contenu des rituels menés par un barldon-pousari reste conforme aux traditions ancestrales tout en évoluant sur le plan esthétique.
Christian Barat / Florence Callandre

Florence Callandre auteur
Florence Callandre est maître de conférences à l’Université de La Réunion. Elle enseigne dans le département de langues et sociétés de l’océan Indien de la Faculté des Lettres et Sciences humaines. Elle est membre du Centre interdisciplinaire de recherches sur la construction identitaire (Circi, laboratoire d’accueil : EA 3561). Ses axes de recherches et d’enseignement sont l’anthropologie de l’art, de l’environnement et la civilisation indienne.

Admirative de l’art et de l’architecture des espaces sacrés hindous, elle a publié en 1998 avec le soutien du Conseil Général, une première édition de Koylou. Elle a présenté lors du dernier colloque d’Etudes indiennes à l’Université de Madras, en 2007, une communication sur les mondes mabar et tamoul. Lue par le Pr François Gros. Son intérêt pour les représentations de l’hindouisme ne se limite pas seulement à l’île de La Réunion à propos de laquelle elle a produit notamment, en novembre 2007, un article sur les temples hindous pour le magazine Géo, « Un nouveau monde la Terre », dans un dossier « Fierté d’un île ». Elle travaille depuis 2005 sur l’art sacré, et l’environnement aux Seychelles.



collection : Beaux livres
Éditeur : Océan éditions - 224 p. - 30 €
isbn : 978 2916 533 78 0